Les diamants et la sécurité humaine
Le continent africain possède une abondance de richesses naturelles. Ces ressources peuvent constituer un catalyseur efficace du développement du continent si elles sont gérées de manière durable et si les revenus tirés de leur exploitation sont utilisés au bénéfice des populations africaines. Malheureusement, ce n’est pas ce qui s’est produit dans la plupart des pays africains et, qui pis est, les ressources naturelles ont alimenté divers conflits. Dans les années 1990, les diamants de la guerre étaient utilisés par les armées rebelles pour acheter des armes en Angola, en RDC, au Liberia, en Sierra Leone et en Guinée, où ils ont contribué à la mort de centaines de milliers de personnes. Récemment, le pillage des minéraux tels que l’étain et le coltan a alimenté le conflit dans les deux provinces du Kivu, dans l’ouest de la RDC.
Le Processus de Kimberley (PK), un système autorisé par les Nations Unies, a été mis en œuvre en 2000, dans le but de briser le lien entre le commerce des diamants bruts et les conflits armés. Le PK a mis au point un mécanisme de certification réglementaire, le Système de certification du Processus de Kimberley (SCPK), qui est entré en vigueur en janvier 2003 et auquel adhèrent actuellement des pays qui représentent 99 % du commerce des diamants dans le monde. Le SCPK s’est acquis, à juste titre, la réputation d’être un mécanisme efficace pour favoriser la paix et prévenir les conflits. Sa capacité de réunir des intervenants du secteur privé, des gouvernements et de la société civile est probablement sans précédent; elle a été fort remarquée et on y fait souvent référence. Bien que le processus prenne de la vigueur, il doit néanmoins relever certains défis puisque les contrôles et les normes d’application du PK doivent constamment être renforcés.
Partenariat Afrique Canada a joué un rôle de premier plan au cours des négociations du Processus de Kimberley et demeure un membre actif par l’entremise de sa participation à divers groupes de travail et aux assemblées plénières. PAC fait aussi partie d’un réseau d’organisations non gouvernementales en Afrique, en Europe et en Amérique du Nord, qui cherchent à mettre un terme aux conflits liés aux diamants. En Afrique, PAC travaille en collaboration avec des réseaux nationaux d’ONG en Sierra Leone, en République démocratique du Congo, en Guinée, au Liberia et en Angola, qui coordonnent des programmes nationaux d’éducation, de recherche et de plaidoyer afin d’instaurer une meilleure gestion des secteurs des mines et de l’extraction des ressources naturelles et de procurer un bénéfice accru aux collectivités qui en dépendent.
